Blog post (2)

Ma première publication sur le blogue mentionnait mon matelas de yoga, la métaphore de l’objet servant à démontrer la mobilité de mes pratiques de la discipline dans plusieurs lieux changeants, comme étant mon endroit préféré. Toujours en accord avec cette affirmation, j’y vois aujourd’hui de nouveaux attraits et bémols.

Je me suis cette fois-ci installer dans ma chambre et, juxtaposant mon lit, j’ai regardé le plafond. Plutôt que de concentrer mes efforts au sol, j’ai divagué la tête vers les nuages. Mon corps à lui-même senti le paradigme d’être couché sur le sol alors que mon lit était à un bras de distance. Possiblement, cela à ajouter à mon inconfort. Les pratiques étant des expériences éphémères, situées dans l’espace-temps,  les différents lieux où peut être transporté ledit matelas redonnent à chaque moment une différente couleur. Ma perception s’y voit restructurée à chaque endroit, mes points de repère continuellement altérés. Une désorientation influe sur mon corps qui n’est plus seul maître de ses mouvements, mais qui est plutôt en constant dialogue avec son espace.

Cette bulle crée par le matelas déposé, tout comme certains drapeaux ont été plantés sur certaines terres indigènes, délimite la privatisation du dit lieu. On s’approprie donc l’espace lorsqu’on s’y installe, que ce soit de prime abord un espace privé ou public. Ainsi s’étend la motilité du geste, car il en est un socialement accepté, voire même encouragé si l’on écoute la rhétorique promouvant l’activité physique. Il me semble donc, non seulement permis pour les détenteurs de l’objet de s’accaparer un espace public temporairement, le geste est souvent favorisé. La propension à abaisser la barrière public\privé peut apparaître séduisante, mais pour qui? Être passante à l’instant où un autre médite je rêve sournoisement de priser ce cocon et de débuter une conversation en ce moment sacré.

Avec un plus grand recul, l’objet (donc l’espace qu’il créer) me semble aujourd’hui dénaturé de sa vacation initiale et parait utilisé pour assouvir des demandes occidentales. Des réclamations du genre : un rapide relaxant, une activité pour garder une peau d’apparence jeune et garder mon corps svelte sont valorisés. Cette réaffirmation de ”l’autre”, celui ou celle qui aspirent à une dimension spirituelle de la pratique méditative qui est habituellement associée aux habitudes traditionnelles, se voit renforcée. Cette pratique qui m’est quasi hebdomadaire est un exemple de ce que Lefebvre qualifierait de “close relationship with daily routine and urban reality, which include urban networks, private and leisure spaces’’ (Lefebvre 291). La discipline, n’étant pas innée, mais bien dictée, est actuellement ancrée dans un discours homogénéisé où je ne m’y sens pas confronté, malheureusement. En effet, ces espaces privilégiés me sont aisément accessibles, car ils renforcent une image qui m’est attribuée, mon profil étant ‘’convenable’’. L’appropriation de l’art et des techniques ancestrales qui sont utilisées sur l’espace délimité par le couvre-sol renforce, sous l’apparition matérielle de celui-ci, le tissu de la formation sociale. L’écart se creuse alors que plus d’espaces sont accordés au rituel : la contradiction accentue l’orientation blanche et la reproduction d’un espace dominant.

Lefebrve, Henri. “The Production of Space.” In Gieseking, Jen J. And William Mangold, (Eds.), The People, Place, and Space Reader. (289-293). London: Routledge.

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